2015
- Extension du Musée de la Camargue, Arles – France


Maître d'ouvrageParc Régional de la Camargue
Maîtrise d'oeuvreCOMBAS Mandataire
Surface344 m2 SU
Montant948 000 € HT

un Musée en Camargue c’est d’abord l’évocation d’un territoire marqué par le rhône, la mer, le mistral et le soleil, hanté par la présence de l’homme qui l’habitent, autant que par la nature qui l’investit. en un mot un paysage singulier qui marque nos esprits !

Quand nous sommes arrivés pour la première fois devant le site du Musée, une question nous brûla les lèvres : comment donner envie de découvrir la Camargue, d’en savoir plus sur ce paysage sauvage, habité par l’horizon ? a notre sens, le projet se devait de trouver une réponse alternative à l’image du parking existant, en partiedésaffecté, sur lequel des architectures isolés désorientent le visiteur dans son parcours, plutôt que de lui offrir une « mise en bouche » à la découverte de la région.

en arrivant sur le site depuis la route des Saintes, les visiteurs sont conduits jusqu’à la pinède située derrière le Mas du Pont de rousty. Là, sous les pins, le parking visiteur et celui des agents du parc sont réaménagés en un seul lieu, avec des places réservées aux agents. Laissant la voiture à l’ombre, on découvre le cœur du Mas et ses constructions annexes, le pigeonnier, la grange, la halle à grain abandonnée, et la petite masure qui ouvre le chemin vers le canal du rousty. au fond, on aperçoit l’ancienne bergerie, bâtisse singulière tout en longueur au bord du sentier. a son approche apparaît un portail ouvert sur le chemin, qui porte le sigle du parc ; on peut y lire gravé : « Musée de la Camargue ».

derrière le portail, une cour, un jardin protégé par un mur s’esquisse. en pénétrant l’enceinte du Musée on découvre sur notre gauche la nouvelle entrée, qui fait face à l’actuel accueil. dans l’ancien porche est aménagée une salle pour les groupes, avec son vestiaire. ici rien n’a réellement changé, c’est en face de nous en sortant que l’ancienne prairie bordée de tamaris, auparavant ouverte sur le parking semble s’être muée en un jardin clos qui reste à découvrir.

au bout de la rampe, le programme se dédouble: face au jardin, une circulation couverte permet aux personnes ou aux œuvres de circuler à l’abri, à l’intérieur le lieu d’exposition prend place dans un écrin abstrait. Tantôt jardin botanique pour la découverte des essences locales, le jardin peut également être le lieu d’une exposition temporaire à la belle saison, ou même accueillir un espace de rencontre à ciel ouvert pour des représentations grâce aux gradins.

a l’est, la nouvelle construction vêtue d’un bardage très sobre inspiré des cabanes de Beauduc abrite en son sein une salle d’exposition éclairée d’un côté par une lumière douce filtrée sur ses murs fait en pailles de riz revêtus de plâtre, et de l’autre côté par une lumière rasante sur le sol en parquet. La structure s’exprime en négatif par les équipements techniques, la scénographie prend place sur des pans de murs nus mis en valeur par une lumière naturelle indirecte.

Cet espace s’ouvre sur la librairie depuis laquelle une personne surveille les deux espaces. au grè des besoins ,-conférences ou installations-, des portes battantes dissimulées dans l’épaisseur du mur scinde l’espace. La boutique possède un accès direct sur l’œuvre de Kawamata, ceinte parune prairie qui l’isole et l’intègre dans le parcours pour regagner le sentier de randonnée…

une porte dérobée dans la librairie permet également de rejoindre le cloître dans lequel s’inscrit au nord l’espace déjeuner couvert par une pergola revêtue d’une moustiquaire et ombragée par un bougainvillier. depuis ce lieu clos on entend monter le bruit de l’eau qui coule, grâce à un jeu de bassin aménagé dans l’ancienne noue, dont les poissons et les grenouilles qui l’habiteront aideront à lutter contre les moustiques.

Nous avons cherché, dans cette architecture modeste et fonctionnelle, à inverser les caractéristiques physiques du lieu pour évoquer un ailleurs, un lieu privilégié pour penser et représenter la Camargue dans une de ses autres composantes. d’un site marqué par la vertical d’arbres, de haies et de végétaux venant occulter l’horizon, nous avons conçu un projet qui met en scène les paysages tournés vers le ciel et ses horizons dégagés. de ce dialogue entre l’ouvert et le fermé, le proche et le lointain, naitra la magie du lieu.

RÉALISATIONS EN COURS CONCOURS PROJETS URBAINS